Une fois n’est pas coutume, nous avons démultiplié nos questions pour permettre à Emmanuel Pasquier, militaire français en mission de coopération (2015 / 2018) en République Démocratique du Congo et toulousain d’adoption, dont le retour à Toulouse avec son épouse Nathalie est prévu à la fin de sa mission à Kinshasa; et Maud Lanteaume, ailière du STRF, de nous parler de leurs activités croisées pour le rugby féminin en RDC.

Emmanuel, avez-vous une histoire personnelle avec le rugby ? 

Je suis Sarthois, bien loin du rugby, mais je me souviens d’avoir regardé, petit, les matchs de l’équipe de France avec mon père, commentés par Roger Couderc !

Je suis militaire et finalement, j’ai beaucoup pratiqué au sein de l’institution (à Abidjan, à Carcassonne, à La Réunion, à Pamiers et enfin à Dakar). J’ai quand même découvert l’ambiance du rugby « civil » pendant 2 ans au sein du club de La Tour du Crieu (proche Pamiers). Partout des souvenirs impérissables. Parachutiste, les valeurs du rugby se retrouvent dans les valeurs militaires et parachutistes (cohésion, combat, ne pas abandonner le copain, pas de galon et tout le monde à la même enseigne).

En 2015, je rejoins Kinshasa et j’amène avec moi une tenue de rugby (on ne sait jamais !!). Je rencontre fortuitement les responsables de la Fédération Congolaise de Rugby et le lien se crée. Je les aide à retrouver un ancien coopérant militaire qui a lancé le rugby au Zaïre (ancien nom de la République Démocratique du Congo) au milieu des années 80. On l’a retrouvé et il est attendu comme un messie pour venir retrouver ses anciens joueurs et inaugurer le stade principal de rugby de Kinshasa qui devrait porter son nom !! Quel hommage.

Plus question de jouer pour le moment, mais j’apporte mon aide à la FECORUGBY dans le domaine technique, relationnel, économique.

J’organise également des activités festives autours des matchs de l’équipe de France pour regrouper la communauté française mais aussi tous les amateurs de rugby. Nous avons même pu assister à un match du tournoi des 6 nations 2017 depuis la fan zone de la FECORUGBY, dans l’enceinte sportive historique de Kinshasa (celle qui servit de cadre au match de boxe du 20ème siècle entre Mohammed Ali et Georges Foreman en 1974 !).

Dans quelles circonstances avez-vous fait connaissance avec le rugby féminin et qu’est-ce qui vous a plu ?

Je propose au Président d’aider selon ma disponibilité et mes compétences de joueur… mais rapidement il me propose de participer aux entraînements de l’équipe nationale féminine ! J’accepte évidemment et je me retrouve à plusieurs occasions face à une vingtaine de jeunes filles surprises (un coach mundélé (blanc)), volontaires, mal équipées, mais pleines de bonne humeur et d’envie. Je n’avais jamais entraîné une équipe, et pas plus de filles, mais le challenge est original et passionnant. En 2016, l’équipe nationale était invitée à un tournoi à Nancy, mais les aléas administratifs n’ont pas permis leur déplacement en France. J’essaye par mes contacts avec l’ambassade de France de faire connaitre la FECORUGBY et de faciliter les échanges entre nos deux pays dans ce domaine.

Les filles sont jeunes, souvent sans travail et parfois déjà mère de famille… La vie n’est pas facile à Kinshasa.

Parlez-nous de votre activité en collaboration avec la Fédération Congolaise de Rugby ? Et quels sont vos besoins ?

Le projet de la FECORUGBY est global. Il englobe l’aspect sportif, mais également le domaine médical (suivi des joueurs au sein de la Maison du Rugby), alimentaire (assurer des repas les jours de matchs), social (essayer de placer des joueurs ou joueuses pour certains jobs, mais aussi aider à améliorer les bases scolaires comme lire / écrire / compter). Le projet nous a séduits avec mon épouse. Mais le chantier est immense.

Un nouveau stade de rugby doit voir le jour sur la parcelle historique. J’aide à organiser le déroulement du chantier pour que le projet arrive à son terme avant les phases finales du championnat fin juin.

Sur cette même parcelle, la FECORUGBY dispose d’une piscine majestueuse (30M X 100M !!) qui avait été totalement oubliée. Elle est ressortie de terre grâce à la volonté du Président et des joueurs (entre autres). Par le contact avec le service des sports de la mairie de Toulouse, j’ai trouvé une société française qui pourrait venir proposer des solutions techniques pour remettre le bassin en fonctionnement.

La RDC compte une quarantaine de clubs de rugby dont une vingtaine à Kinshasa (Voir article joint). Il y a une vraie volonté et du potentiel. Mais le nerf de la guerre fait défaut (le ministère des sports n’attribue des subventions qu’à 4 fédérations nationales ! Certains joueurs et joueuses ont un vrai potentiel physique et technique.

Alors les besoins ? Variés et nombreux ! Bien sûr des équipements individuels et collectifs pour les clubs et la fédération, si les lecteurs veulent céder des vêtements, ils seront également les bienvenus. Besoin de formation pour les entraîneurs et les arbitres, besoin de rencontrer les clubs pour éventuellement sélectionner quelques pépites pour les former en France (sans qu’ils oublient leur pays d’origine et qu’ils reviennent régulièrement pour partager leur expérience et participer éventuellement aux équipes nationales). Ces investissements doivent être profitables au pays et à la FECORUGBY ! La venue en France doit également comporter un accompagnement social et professionnel pour donner à ces jeunes garçons ou jeunes filles un bagage qui leur sera utile par la suite.

Maud, comment as-tu fais connaissance d’Emmanuel et de son projet au Congo ?

J’ai rencontré tout d’abord Nathalie, sa conjointe, au magasin de sport dans lequel je travaille. Nathalie était à la recherche de vêtements à petit prix pour offrir un peu de confort aux filles de Kinshasa qui pratiquent le rugby, elle m’a ainsi présenté brièvement le projet d’Emmanuel avec la Fédération Congolaise de Rugby.

Le don de vêtements n’étant pas possible avec le magasin pour diverses raisons, j’ai immédiatement pensé à proposer à Nathalie de faire un tri dans mes affaires de sport afin de lui donner ce dont je ne me servais plus. Evidemment la famille rugby est une grande famille et j’ai pensé que mes coéquipières du Stade avaient elles aussi sûrement beaucoup de vêtements qui trainaient au fond de leur placard.

C’est ainsi que j’en suis venue à proposer à Nathalie de sonder les filles du club pour faire une collecte de vêtements. Nous avons échangé nos coordonnées pour poursuivre cet échange très enrichissant et j’ai rapidement été mise en contact avec Emmanuel.

Depuis combien de temps récoltes tu des équipements et vêtements pour les joueuses et comment cette démarche a-t-elle été accueillie par tes coéquipières ?

Ma rencontre avec Nathalie a eu lieu fin Août, et j’ai commencé à récupérer les affaires des filles début septembre jusqu’à ce jour. Je récupère encore les vêtements. Nous avons déjà envoyé 2 vagues de colis, les premiers colis sont partis mi-septembre et sont arrivés récemment, l’Afrique c’est loin !!!! La deuxième vague de colis est en cours d’acheminement !

Les filles ont apprécié cette démarche, une grande partie d’entre elles a déjà trié ses placards, et d’autres vont le faire prochainement avec les beaux jours qui approchent !!! C’est quand même sympa de savoir que les affaires avec lesquelles nous nous sommes entrainées peuvent servir à plusieurs milliers de kilomètres dans un pays où le rugby tente de se faire connaître. Certaines joueuses semblent même intéressées pour faire un voyage à Kinshasa et ainsi découvrir la culture rugby au Congo, c’est un projet en cours de réflexion, affaire à suivre ….

Concrètement, quand les supporters peuvent-ils venir donner des équipements ou des vêtements dont ils ne se servent plus ?

24h/24 et 7j/7 !!!!!

Je rigole, il faut que l’on mette en place avec le club des créneaux pour que les dons se fassent assez facilement. Mais le plus simple est de venir aux entraînements au Stade Ernest Wallon, la saison n’étant pas encore terminée avec le championnat à 7. Sinon je suis à disposition pour voir avec les supporters qui ne peuvent pas venir sur les créneaux d’entrainements pour leur proposer d’autres moments pour réaliser leurs dons, vous pouvez contacter directement le club via la page Facebook.

Petite information qui a son importance, les joueuses de rugby de Kinshasa sont également ravies de porter des affaires que l’on qualifierait de vêtements de ‘’ville’’, elles sont en mesure de jouer au rugby avec, et surtout n’hésitez pas si vous avez des vieux vêtements chauds, d’après Emmanuel les Congolais sont plutôt frileux.

Pour les supporters, les amis du STRF  et toute la STFamily, le dépôt de vêtements de sport en bon état, ainsi que de vêtements de ville est possible lors des entrainements des équipes séniors, de 19h30 à 21h30, les mardi, mercredi et jeudi, jusqu’à la fin du mois de juin, puis dès la reprise, au début du mois d’août. Nous vous communiquerons des informations d’ici là. Sinon vous pouvez nous contacter par mail (contact@stfeminin.com) et nous transmettrons à Maud. Par avance MERCI !

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